Rapport de pré-étude

activité vieux gréements

à Lézardrieux

 

 

Pré-étude réalisée par Gwenola Doaré

A la demande de l’Association Les Copains du Trieux

Septembre 2001

 


Sommaire :

I/ Raison d’être de cette étude                             p. 3

-         Historique                                                                                        

-         Problématique

-         Déroulement de l’étude

 

II/ Faits constatés :                                                             p. 4        

o        Atouts

o        Difficultés

o        Rapport de gestion saison 2001

o        Simulation à 3 bateaux

 

III/ Préconisations                                                               p. 6

o        Solution 1

o        Solution 2

 

IV/ Détail de l’offre de l’alternative 2                         p.7

o        Les activités proposées

o        Programme de mise en œuvre

o        Financement

o        Recherche de subventions et de sponsors

V/ Conclusions et préconisations générales p.10

VI/ Annexes :

1/ Les acteurs du monde Vieux Gréements rencontrés au cours de l’étude

2/ Les acteurs touristiques de la région rencontrés au cours de l’étude

3/ L’activité Vieux gréements en Bretagne, synthèse

4/ Les produits dérivés possibles

5/ Les Sociétés d’Economie Mixte

6/ Contacts utiles

I/ Raison d’être de cette étude

Historique :

En 1997 la municipalité de Lézardrieux acquiert 3 vieux gréements, le St Guénolé, L'Enez Koalen et An Durzunel. Ces 3 gréements promènent en saison les touristes dans l'estuaire du Trieux et jusque sur l'Île de Bréhat, lors de sorties à la journée et à la demi-journée. Pour ces 3 bateaux, 5 marins sont nécessaires pour naviguer en N.U.C. (Navire d'Utilité Collective visé par les Affaires maritimes).

Problème :

 

En 2001, le nouveau maire de Lézardrieux s'inquiète du coût de fonctionnement de ces bateaux et demande à l'Association locale "Les copains du Trieux" une étude sur la rentabilité possible de cette activité.

Déroulement :

Cette pré-étude financée par l’Association a consisté à :

-          Etablir un bilan financier de l’activité avec M. le Maire de Lézardrieux et Mme La Présidente de l’Office de Tourisme chargée de la gestion de l’activité

-          Tester la prestation lors des fêtes de chants de marins de Paimpol

-          Rencontrer d’autres prestataires de cette activité dans la région (Annexe 1)

      (SARL Vieux Copains, SNP Ausquémé, Association An Test de Brest…)

-          Rencontrer d’autres acteurs du tourisme local (gîtes, restaurants, activités de loisirs, autres associations…) (Annexe 2)

-          Synthétiser toute l’offre actuelle des vieux gréements sur la Bretagne (Annexe 3)

-          Imaginer des solutions de développement

II/ Les faits constatés :

A/ Les atouts de l’activité vieux gréements dans le Trieux

-          Ces bateaux, ainsi que d'autres en activité sur la côte, animent le site du Trieux : ils véhiculent une image chère aux acteurs touristiques de la région

-          L'un de ces bateaux est classé monument historique (restauration partiellement subventionnée)

-          Ils contribuent à l'identité de la commune, au même titre que Kermouster

-          Depuis 1997, la parution régulière de publicité et de rédactionnels dans les guides, les cartes et les quotidiens a développé une notoriété de l’activité

-          Les bateaux peuvent être le fer de lance du développement de Lézardrieux et de sa région qui possède encore un potentiel touristique à développer

-          Existence de nombreux dynamismes individuels dans l'activité de tourisme qui sont prêts à se fédérer pour créer des synergies.

-          Mouvement en cours de fédération des associations de Lézardrieux par l'Office de Tourisme.

-          Lézardrieux possède un port en eau profonde

B/ Les difficultés actuelles

 

-          Les frais de personnel sont trop élevés pour rentabiliser l'activité seule

(détails des chiffres de la saison plus loin)

-          Actuellement l'activité est réduite à la haute saison juillet-août

-          On observe un besoin de communication vers les Lézardréviens pour valoriser l’activité de la commune

-          La signalétique de l’activité sur le port est insuffisante (les bateaux n’étant pas à quai)

-          L'Office du Tourisme, chargé de la vente des billets, est loin du port et assure déjà de multiples services pour la commune dans le cadre d’un bénévolat

-          L’absence de perspectives et de management de l’activité se traduit par un manque d’implication de l’équipage (cependant agréable).

-          La prestation est réduite à la balade en mer et manque d’ « à côtés », comme le font les autres vieux gréements de la région (Annexe 1)

-          L’activité manque d’image, elle nécessite un positionnement plus affirmé

-          Aucune fidélisation n’est possible à ce jour (itinéraire unique)

-          De nombreux points évoqués ci-dessus sont dus au fait que les bateaux ne sont pas pontés (ni abri, ni couchettes possibles)

Par ailleurs :

-          Le flux de touristes de passage à Pontrieux peut aller à Paimpol directement ou suivre le Trieux via Lézardrieux pour rejoindre Paimpol. Il faut davantage encourager le flux le long du Trieux (route magnifique).

-          Pour attirer ce flux, il faudrait créer de nouvelles activités de loisirs et développer une plus grande capacité d’accueil à Lézardrieux (elle est aujourd’hui d’environ 80 chambres).

C/ Rapport de gestion sur la saison 2001

 Pour mieux évaluer le budget de fonctionnement, le Maire de Lézardrieux a pris la décision de tester l’activité sur un seul bateau : Le Saint Guénolé.

 

Ce bateau est le plus grand, il est classé monument historique et peut transporter 14 personnes avec 2 marins pour être armé en N.U.C. (Navire d’Utilité Collective dont le fonctionnement est visé par les affaires maritimes).

Pour pallier toute panne de moteur ou avarie du Saint Guénolé, un 2e bateau a été armé pour le même équipage, (Enez Koalen capacité 12 personnes).

 

Les bateaux ont fonctionnés de mi-juin à début septembre. Les 2 marins ont été embauchés en CDD de 4 mois. Ils ont eux-même assuré l’entretien et la préparation des bateaux avant la saison.

 

Les recettes :

45 jours d'activité estimés (chiffres à actualiser)

en moyenne 10 passagers par jour à 200 F :       90 000 F

 

Les frais de fonctionnement :

Salaires (charges et cotisations incluses) :         110 000 F

Assurance :                                                          1850 F

Assurances Passagers :                                       4700 F

Carburant :                                                           3000 F

Taxe USM :                                                            500 F

Entretien annuel estimé  :                                   20 000 F

Frais de publicité estimé :                                   30 000 F

                                                                     _________

Total :                                                              170 050 F

Solde :                                                           - 80 050 F

Ce qui peut être imputé à un investissement de la commune pour son image et la promotion du site.

D/ Simulation de l’activité à 100 % sur la même base tarifaire

Si les 3 bateaux fonctionnent la capacité de transport est de 30 personnes jour, il faut 5 marins à disposition, de mi juin à fin août, en CDD de 4 mois.

Les frais de fonctionnement seront amenés à :

Salaires (charges et cotisations incluses) :         275 000 F

Assurance :                                                          4000 F

Assurances Passagers :                                      14000 F

Carburant :                                                           9000 F

Taxe USM :                                                          1500 F

Entretien annuel estimé  :                                   30 000 F

Frais de publicité estimé :                                   30 000 F

                                                                     _________

Total des frais de fonctionnement :                     363 500 F

En supposant que les recettes puissent atteindre 130 000 F (supposant 15 passagers par jours en moyenne et 45 jours d’activité), la perte d’exploitation s’élève à plus de 200 000 F.

III/ Préconisations :

L’examen de ces chiffres nous amène aux conclusions suivantes :

L’activité Vieux Gréements de Lézardrieux est impossible à rentabiliser dans le contexte actuel. Mais il peut être considéré nécessaire de la conserver pour des raisons d'image du site de l’estuaire du Trieux.

Dans ces conditions les actions à entreprendre peuvent être :

Solution 1 :

La mairie continue l’activité telle qu’elle est organisée actuellement avec un seul bateau et une perte annuelle de l’ordre de 80 000 F, imputable aux frais de communication et de promotion touristique de la commune. Enez Koalen est conservé en doublon ; An Durzunel, le plus petit des bateaux peut alors être vendu ou loué.

A voir : est-il nécessaire d’avoir un CDD de 4 mois pour une activité de 2, 5 mois.

A améliorer : signalétique sur le port, vente des billets à la capitainerie du port ou dans un kiosque spécialisé, présence sur un site Internet Lézardrieux…

Solution 2 :

Le patrimoine de la commune est conservé intact, une structure est créée (Association ou SEM, Société d’Economie Mixte) dont l’objet serait :

 

-          Promouvoir et développer l’activité des vieux gréements de Lézardrieux et des côtes d’Armor en général

-          Assurer la promotion de la commune de Lézardrieux, de sa presqu’île et des communes voisines en attirant un tourisme de qualité

-         Assurer la promotion de la région Bretagne vers les autres pays d’Europe

-         Organiser des événements à Lézardrieux pour valoriser le port en eau profonde et dynamiser la région et ses activités

-          Créer et diffuser des articles et objets dérivés en rapport avec la navigation à voile et l’artisanat local (Annexe 4).

Détails sur la société d’Economie Mixte en annexe 5.

 

 

IV/ Détails de la solution 2

 

1/ Compléter l’offre touristique

Les 3 bateaux de Lézardrieux étant insuffisants pour générer une activité à eux-seuls, il apparaît nécessaire de proposer une offre touristique plus large.

Fédérer les autres gréements du Trieux : créer des synergies

Plutôt que de concurrencer l’offre existante, (essentiellement Le Vieux Copain et la Nébuleuse), la structure devra proposer une prestation complémentaire de celles des grands thoniers pour créer des synergies. 

(En annexe 3, voir l’ensemble de l’offre Vieux Gréements de la région)

Varier l’offre Vieux Gréements : fidéliser

Ceci permettra d’élargir la gamme de prestations de la région. Les bateaux peuvent se spécialiser dans des thèmes : pêche, « rase-cailloux », navigation, photo, plongée, ornithologie... et par la diversité des prestations, fidéliser la clientèle touristique.

Communiquer l’offre : promouvoir le Trieux

Les sorties en groupe, l’organisation de régates, de fêtes nautiques, l’animation à terre… vont attirer un tourisme de qualité et générer une image dynamique du Trieux.

Les destinations, les thèmes, les animations peuvent être proposées dans un programme commun qui facilite la fidélisation de la clientèle.

Varier la clientèle :

Si en haute saison, l’essentiel de la clientèle est sur place, le reste de l’année il faut la faire venir en proposant des prestations clef en main : “week-ends famille”, “Séjours à thème”, séjours “spécial comités d’entreprises”, séjours “communication”, et autres prestations sur-mesure ou à vocation pédagogique (classes de mer, exercices de  navigation.

Fédérer l’offre touristique régionale :

Ces séjours à thème proposant des activités variées, les autres prestataires de loisirs de la région bénéficieront du dynamisme de la structure.

2/ Compléter les sources de financement

Le développement de produits dérivés peut être un bon complément de financement des bateaux. Il s’agit de concevoir, faire fabriquer et distribuer des produits de décoration, cadeaux, jouets, vêtements…  commercialisés sous licence (détails en annexe 4). Les propriétaires des bateaux (Sarl et associations partenaires) touchent des royalties (pourcentages du chiffre d’affaire) pour l’utilisation de leur image et de leur nom.

Ces produits peuvent être commercialisés par une structure indépendante. Elle référence ses produits dans tous les secteurs de distribution (hyper, grossistes, détail, VPC…) et vend elle-même par correspondance. A terme, elle étend sa gamme de produits dérivés au reste du patrimoine breton.

2/ programme de mise en œuvre

 

La mise en œuvre de ce programme va demander environ 9 mois de travail à une personne à temps plein, salariée de la structure. Compte-tenus des chiffres cités dans cette étude, cet investissement supplémentaire doit trouver son financement par le sponsoring et l’octroi de subventions des acteurs politiques et associatifs, au moins les premières années. 

a / Pré-étude de faisabilité : 1 mois (terminée)

b/ Recherche de financement : 6 mois

c/ Lancement de l’activité (3 mois)

d/ Activité opérationnelle avec comme objectif, la rentabilité hors subventions de 3 à 5 ans

Actions :

-          Embauche de 2 marins professionnels permanents à l’année assurant aussi un travail de promotion de l’activité l’hiver

-          Embauche de saisonniers l’été, à terme, perspective de création d’emplois

-          Mailings ciblés d’entreprises en partenariat avec d’autres structures

-          Présence commune sur des salons

-          Lancement de produits dérivés et commercialisation par VPC et magasins de détails (un prototype de la maquette du saint Guénolé est en cours)

-          Evénementiel touristique

-          Lobbying pour la région Bretagne auprès des pouvoirs publics

 

3/ Recherches de Subventions et sponsoring

Des dossiers de demande de subventions ou d’aide à la création d’entreprise vont être adressés aux organismes suivants :

-          Conseil Général

-          Conseil Régional

-          Comité Régional du Tourisme

-          Chambre de Commerce

-          Intercommunalité de communes de la presqu’île de Lézardrieux

-          Autres communes du Trieux pouvant bénéficier des synergies

-          La mairie de Lézardrieux est partie prenante dans le projet

Recherches de sponsoring

Priorité est donnée aux entreprises privées de taille moyenne d’intérêt régional ou local.

1.      Couleurs du partenaire principal sur chaque bateau

2.      Synergie dans la communication (mailings, publicité…) et dans l’image

3.      Logos et encarts publicitaires sur les mailings des bateaux , sacs plastiques,

4.      Logos et publicités sur les packaging des produits dérivés…

5.      Communication lors des événements

6.      Mise à disposition des bateaux pour le personnel des partenaires

Autres partenariats possibles :

-          Les banques (nationales et locales)

-          Artisanat local

-          Offices de tourisme

-          Ecoles de voile

-          Gîtes ruraux

-          Autres association de gréements de la côte

-          Autres associations d’animation locales

-          Autres Clubs de sport et loisirs

-          Jumelage avec villes étrangères

-          Tour opérators étrangers

-          Formations commerciales (Sup de Co, BTS…) pour l’embauche de stagiaires


Conclusions : 

Compte tenu du projet, il semble que l’activité recommandée soit trop commerciale pour être gérée par une association loi 1901, tout du moins dans sa totalité.

Il semble que la solution de rachat des bateaux par une structure indépendante de la mairie ne ferait que déplacer le problème.

La structure juridique de la société d’économie mixte a été développée spécialement pour ce type de situation.  Elle permet à la collectivité de conserver son patrimoine, d’en contrôler l’exploitation, tout en bénéficiant de la réactivité des structures privées. A ce jour, 2 SEM existent en Bretagne, elles concernent le tourisme.

Si le projet marche, il peut donner suite à un projet de même envergure pour la ville de Perros Guirec qui a un problème analogue avec son bateau Ar Jentilez. Il est possible que d’autres communes choisissent la même solution et que Lézardrieux devienne ainsi une référence dans le domaine du patrimoine maritime des côtes de France. Il lui faudra alors prévoir des infrastructures portuaires adaptées à son rôle fédérateur de la profession.